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Warshefana : récit d’un chaos annoncé

REPORTAGE EXCLUSIF d’Intégrales Prod/mag

Alors que tous les yeux sont rivés sur l’Irak, une offensive meurtrière d’Aube Libyenne a pris en étau les milices tribales de la région Warshefana, soupçonnées d’êtres fidèles au régime de Kadhafi. Mardi 23 septembre, Warshefana était prise à 90% par les combatants islamistes. Récit d’un chaos annoncé.

Dans le balai incessant de pick-up, la poussière traduit un état d’excitation intense. Des salve d’ « Allah Akbar » fusent en guise de salut. A Warshefana, la violence est liesse. Mardi, après d’intenses combats, cette agglomération de 400 000 habitants était prise à 90% par les combattants de Fadjr Libya. Interrogés, les habitants de Zaouia, à une vingtaine de kilomètres de là, se disent victimes avant tout des loyalistes, qui en effet, ont probablement perpétré des massacres dans la région, suspectée d’être un nid de khadafisme.

Un chaos en fragmentation

« Toute la région est un chaos en fragmentation », analysait Farouk Atig, après avoir couvert les combats intenses entre les diverses factions, le long de la ligne de front de Warshefana. Les islamistes et les loyalistes (partisans du gouvernement officiel) sont les deux forces majeures qui s’opposent. Mais, à l’intérieur de chaque camp, des alliances de circonstance sont fragiles. Du côté des islamistes  rassemblés sous l’étendard d’Aube Libyenne,  l’arc idéologique s’étend des théocrates modérés jusqu’aux sympathisants de l’Etat Islamique (DAECH). Oute cela, une frange khadafiste est soupçonnée d’agir dans l’ombre. Sans compter les tribus qui nourrissent avant tout des revendications territoriales d’ordre culturel, et les milliers de jeunes hommes indécis enrôlés dans les diverses factions parce qu’ils sont en âge de participer aux combats.

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En marge des combats armés, ce sont les corps flétris et démembrés approximativement qui parlent :  des deux côtés, les exactions sont les mêmes. Des deux côtés, charniers et hommes laissés pour morts dans leur auto, trahissent l’usage de l’électricité et du feu à des fins de torture.

Warshefana  : une voiture a brulé pendant les combats. Le corps mutilé des passagers portent la preuve de tortures.
Une voiture a brulé pendant les combats. Les corps mutilés des passagers portent la preuve de tortures.

 

 

Farouk Atig et Olivier Azpitarte à Warshefana, Clara Schmelck à Paris

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Farouk Atig
Farouk Atig, grand reporter, dirige Intégrale

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