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Libé, un quotidien syrien

LE CRIBLE MEDIAS 

C’est un Libé comme aucun autre qui est arrivé en kiosques ce matin. Ce vendredi 11 mars, le quotidien français, rebaptisé Tahrir (« Liberté », en arabe), a confié entièrement la rédaction du journal à des journalistes, intellectuels, photographes et artistes syriens qui racontent cinq ans de guerre et de souffrances. La version numérique du Libération des Syriens intègre un onglet en langue arabe.

« L’idée du Libé des Syriens est née d’une discussion à bâtons rompus au sein d’un groupe d’ONG (CCFD, EuroMed Rights, la FIDH, Reporters sans frontières). Pour en marquer le cinquième anniversaire, nous allions initier l’idée d’un journal entièrement rédigé par des Syrien(ne)s.« ; expliquait jeudi soir dans Libération Bénédicte Jeannerod, de Human Rights Watch.  Le journal est donc né d’une initiative mêlant journalistes et ONG.

Les journalistes qui ont fourni l’essentiel de ce numéro sont de jeunes protestataires de 2011 qui se sont mis à créer et distribuer clandestinement des journaux dans leur ville. »Ces rédacteurs sont pour la plupart repliés aujourd’hui en Turquie« , a précisé à l’AFP le directeur adjoint de Libération, Johan Hufnagel.

En Une, le caricaturiste syrien Juan Zero a reproduit un dessin réalisé en 2011 pour  pour l’hebdomadaire Syrien Souriatna. Il représente des enfants faisant du manège autour d’une bombe sur fond rouge sang.

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Aux Syriens, Libération a décidé de donner voix, davantage que de donner écho, tandis-que que la trêve, signée le 27 février, éloignait Alep des préoccupation des journaux télévisés du monde.

Depuis l’entrée en vigueur de la trêve internationale, le 27 février, l’arrêt des combats est globalement respecté, estime l’ONU. Pour autant, la situation des civils dans les villes encerclées par les belligérants ne cesse de se dégrader.

Pour informer les lecteurs français sur la situation au Levant, pour lever les oeillères de l’ignorance et de la lassitude, la Une de type : « Syrie, le drame oublié » (-sous entendu « sauf par notre rédaction »), ou encore « Syrie : 5 ans de guerre », n’auraient été qu’à demi efficaces, et surtout, auto-centrées : la Syrie existe pour autant qu’une date nous y fait penser.

Mustapha Mohamad, correspondant du journal «Sada al-Sham» («l’Echo du Levant»), plonge dans le quotidien des habitants d’Alep, qui vivent au jour le jour une angoissante accalmie. « De plume et de plomb« , tribune de la femme de lettres Rosa Yassin Hassan, déverrouille une réflexion sur la littérature carcérale en Syrie, à la recherche d’existences perdues.

Trêve précaire

La trêve a certes permis l’interruption des hostilités, mais tous les champs de bataille n’ont pas été pour autant désertés. « Les groupes jihadistes exclus du projet de cessez-le-feu continuent depuis une dizaine de jours de tenter des percées sur le terrain, surtout dans la région d’Alep, dans le nord du pays. A plusieurs reprises, régime et opposition se sont aussi accusés mutuellement d’avoir violé la trêve. », relevait ce vendredi RFI.

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).

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