Joyeux anniversaire Monsieur Ponomarev

 

———— La chronique de la Baronne ————

 

 

Viatcheslav Ponomarev, quel grand Monsieur…

Alors que journalistes et diplomates du Vieux Continent se faisaient un sang d’encre depuis une semaine, persuadés qu’ils étaients que les sept observateurs européens de l’Organisation pour la coopération et la sécurité européenne (OSCE) partis en villégiature à Sloviansk le 25 avril dernier, étaient peut-être en danger de mort, l’on apprenait ce vendredi soir que ces vilains canards européens et leurs cinq comparses ukrainiens se payaient tout naturellement du bon temps sur les rives de la rivière Torets, accompagné de notre bon ami Ponomarev, qui les ayant pris d’affection avait fait d’eux les hôtes de marque de son anniversaire….

L’Europe -donneuse de leçons et vengeresse- a une fois de plus fait la démonstration de son incivilité, dans un conflit où tout indique que les méchants ne sont pas forcément ceux que l’on montre du gros orteil… Comprendre le fonctionnement de ce réformateur élevé à la sauce soviète aurait permis aux benêts occidentaux de s’épargner une nouvelle incurie. Mais pour cela, encore eut-il fallu être familier des codes langagiers de cet ancien militaire, qui se décrit lui-même comme « novice en politique », et qui s’est lustré le torse à la force des coups…

« Je ne serrerai pas la main de ce pédé » (en référence au ministre urkainien de l’interieur arsen avakov).

 

Des déclarations à l’emporte-pièce qui deviennent une véritable marque de fabrique, et quand bien même ? L’occasion fait le larron, plus que jamais en temps de guerre… Les premiers  à avoir traité les loyalistes de Kiev de « nazis » ne sont-ils pas les Ukrainiens eux-mêmes ? Si le conflit est désormais au bord du précipice, c’est aussi parce que la coupe est pleine depuis trop longtemps dans cette partie oubliée de l’est du pays, où l’on a toujours juré en russe, éructé en russe, et forniqué en russe. Et comment ne pas s’aligner aussi quand le ministre ukrainien de l’Intérieur, Arsen Avakov, qui avait annoncé sa venue dans l’Est, a fini par enterrer cette idée (mais pas la hâche de guerre), miné par la peur d’essuyer une déculottée légendaire. « S’il vient, je lui tirerai moi-même dessus, » hurla Ponomarev, avant de conclure en beauté : « Je ne serrerai pas la main de ce pédé ».

Pour Viatcheslav Ponomarev, maire autoproclamé de Solviansk, dans l’est de l’Ukraine, les observateurs de l’OSCE invités à célébrer son anniversaire n’étaient absolument pas retenus en otage.

Si ce naturel doit lui valoir la haine des intellectuels nantis de Kiev, qu’il en soit ainsi. Mes ancêtres, tous de lignée royale, ont souvent dû souffrir les bannissements de bien des cours, sans jamais pour autant baisser la culotte. Cet homme au style viril et fleutri force le respect de bien des hommes. A peine était-il devenu maitre de l’Hôtel de Ville de Sloviansk, qu’il instaura un couvre-feu, accompagné d’une prohibition généralisée en matière d’alcool. Et pourquoi avoir fait défiler des prisonniers les yeux bandés, fichés d’un simple caleçon ? La réponse est dans la question. Ces faits ont eu lieu avant l’interdiction de la vodka en ville. Personne n’a encore osé le remercier pour cela, que je sache…

« IMMEDIATEMENT, NOUS AVONS DÉCRÉTÉ LA PROHIBITION : INTERDIT L’ALCOOL. NOS HOMMES NE DOIVENT PAS BOIRE. L’ALCOOL, CE SERA POUR APRÈS LA VICTOIRE. »

 

Quant aux observateurs, aucun d’entre eux n’a eu l’outrecuidance de se désigner lui-même comme otage, quand on sait que la livka a coulé à flots pendant 8 jours. « Chez nous, me glissât un jour un ami ukrainien de la partie orientale, on kidnappe, on séquestre, on moleste un peu parfois aussi.  Mai on aime son prochain…. »

Une belle leçon de courage et de simplicité dont devrait s’inspirer l’hystérique à tignasses, qui aura sans doute besoin de plus qu’un séjour dans les geôles VIP de Kiev, pour tempérer enfin ses ardeurs…

The following two tabs change content below.
Farouk Atig
Farouk Atig, grand reporter, dirige Intégrale

Vous pouvez également lire