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Je suis à l’heure : un court métrage glaçant sur le viol

En lice pour la cinquième édition du Nikon Film Festival, présidée par Michel Hazanavicius (OSS 117, Le Caire nid d’espions…), le court métrage « Je suis à l’heure », d’Isabelle Quintard et Fabien Motte, a fait un apparition remarquée sur les réseaux sociaux. Le clip, visionné environ 300 000 fois, interpelle sur l’indifférence face à des scènes de violences sexuelles en plein jour, qui se produisent fréquemment en France.


Je suis à l’heureVidéos insolites

2 minutes et 21 secondes sans images. On n’a rien vu, n’est -ce pas ? Aucune excuse, le son transpire le sévice subi, à cinq centimètre de soi.

Pourquoi le personnage principal du court-métrage qui se rend en RER à un entretien d’embauche, ne peut entrevoir l’agresseur et sa victime, mais perçoit les insultes, l’agression, puis le viol ? Pourquoi les passagers rétractent-ils leur courage pour abandonner leurs yeux à quelques regards dans le vide ?

Les gens sont très enclins à défendre des causes sur les réseaux sociaux en rivalisant de hashtags indignés, mais frémiraient lorsque la dignité d’une personne est menacée sous leurs yeux. Crainte d’une bagarre ? De se mêler des affaires des autres ? Le film se refuse à concevoir les motifs de la lâcheté.


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La chute crisse comme un train : le RER s’arrête à La Défense. Le personnage se retire de son siège, saisit son téléphone, et, dans un instant de satisfaction, sussure : « Je suis à l’heure ».

140 secondes pour parler du délit de non assistance à une personne subissant un viol, tant qu’il est encore temps de remettre les pendules à l’heure.
Verdict le 11 février 2015.

 

Lila Neval, avec Clara Schmelck

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).

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