boko

2000 morts et 20 000 déplacés : silence, Boko Haram massacre

Les 7, 8 et 9  janvier 2015 à Paris, 20 personnes ont été assassinées lors de trois attentats dont se sont félicités les groupes terroristes AQAP (Al Quaeda au Yemen), EI et Shaabab. Presque dans le même temps, les 6, 7 et 8 janvier, au Nigeria, le groupe terroriste Boko Haram perpétrait le massacre  de 2000 personnes, et forçait  20 000 autres à fuir. Revenons sur cette attaque, dont les médias français parlent encore peu.

#BringBackOurGirls déjà oublié ?

« Did People forgot #BringBackOurGirls » ? se demandaient ce matin deux journalistes du New York Times envoyés à Paris pour suivre l’avancée de l’enquête relative aux attentats du 7 janvier. Un mot-dièse ne doit pas en cacher un autre.

En août 2014, le leader de la secte fondamentaliste Boko Haram, Abubakar Shekau, avait annoncé la création d’un “Califat islamique” au Nigéria. Les fondamentalistes se sont emparés de l’Etat de Borno, au nord-est du Nigeria, et ont rasé Baga, qui était jusqu’à présent encore  sous le contrôle du gouvernement national. « Ce n’est désormais plus le cas, puisqu’elle a été entièrement rasée. », constate l’AFP.

Les personnes tuées sont en grande majorité des femmes et des enfants. La cible de l’attaque ? Des musulmans, des chrétiens, des camerounais. Des Hommes. Amnesty International a confirmé hier à l’AFP le chiffre de 2000 morts.

bokoCertains habitants en fuite ont été poursuivis et abattus par les intégristes alors qu’ils tentaient de gagner la brousse, rapporte à l’Agence France Presse Musa Bukar, responsable administratif de cette zone de l’Etat de Borno.

Vers une aide internationale ?

Le président camerounais Paul Biya a ainsi exhorté, lors de son discours du nouvel an devant le corps diplomatique,  à “une réponse globale” et à une aide internationale pour leur faire face. Le président nigérian, Goodluck Jonathan, est critiqué quant à lui pour son impuissance face à cette menace : en un an, Boko Haram aura pris le contrôle de plus de 20 000 km2 dans le nord-est du pays.

Rappelons qu’à la mi-avril, le groupe avait kidnappé plus de 200 lycéennes nigérianes, dont le sort allait d’être  “vendues sur un marché”, “mariées” de force ou réduites en “esclavage”, selon les termes du chef de la secte. Les jeunes filles sont portées disparues depuis 270 jours.

The following two tabs change content below.
Farouk Atig
Farouk Atig, grand reporter, dirige Intégrale

Vous pouvez également lire