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« Il n’y a pas de magie qui opère avec la douleur  » : Rencontre avec Mounia Meddour

Que pouvait-il y avoir de si capital à organiser ce foutu défilé ?

Rien, ou presque rien…

Dans les « cités universitaires » d’Alger, au milieu des années 1990, de drôles de jeunes filles résistent à leur manière. Contre quoi ? Contre qui ? Allez savoir… Elles revendiquent en tous cas un droit inaliénable et rémissible : pouvoir s’exprimer en toute liberté, de la manière que seule leur conscience installe, sans qu’aucun dictateur ne vienne juger de l’utilité ou du bien-fondé de cette démarche, et s’exprimer signifie TOUT exprimer. Non ? Vu ?

Problème : tout cela ne plait pas à tout le monde….

Pour couronner le tout, à Alger, cette année-là, rien ne va, ou presque rien…

Mais tout ne va vraiment pas si mal. L’épicier vers lequel l’actrice principale vient s’alimenter en tissus pour chacune de ses créations, le gardien de la cité qui préserve comme un secret ses perverses techniques de chantage, la directrice de cité universitaire, si chic, si humaine, et si froide en même temps, qui renâcle à l’idée que ce défilé ait lieu, avant de finalement dire oui.

Toutes ces individualités originales représentent ce film incroyable, qui décrit une époustouflante époque, au cours de laquelle tout était interdit.

N’allez pas dire que la magie opère avec la douleur, ça n’a rien de vrai.

Mais quel bonheur de voir toutes ces femmes exprimer avec une telle indicible rage, leur dégout ou rejet du diktat religieux, et de toutes les formes de soumission morale.

Toutes les images que Mounia Meddour met subtilement en images dans ce film sélectionné à Cannes apportent la preuve que la manière est importante, mais que le récit surpasse tout.

Hollywood suivra…

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Farouk Atig
Farouk Atig, grand reporter, dirige Intégrale

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