cropped-7C76C314-2DBB-4A37-A34B-32428DD7E65A.png

Informer n’est pas un délit

Actualisé samedi 14 décembre 2019 à 21h

Deux étudiants en journalisme à Lille ont été arrêté alors qu’ils couvraient des manifestations. L’ESJ a dénonce ces interpellations, estimant que « la liberté de prendre des photos lors de manifestation est un droit.

Jeudi 12 décembre, lors de manifestations contre la réforme envisagée des régimes de retraites, deux étudiants de l’Ecole supérieure de journalisme (ESJ) de Lille ont été arrêtés par la police. L’une des arrestations a eu lieu place Richebé, vers 16 h 30. Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux montre l’arrestation virulente d’un étudiant en journalisme à Lille, alors que celui-ci couvrait en images une manifestation. L’autre a eu lieu devant le commissariat central de police de Lille, vers 19 h 30, là où se tenait une manifestation pour réclamer la libération du premier étudiant interpellé. Les deux jeunes hommes ont été relâchés vendredi.

Selon la police, Baptiste Hermant s’était rendu coupable de « violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

Informer est un droit

Samedi 14 décembre, Baptiste Hermant, étudiant en journalisme à l’ESJ Lille, n’en revient toujours pas : « J’ai un peu mal aux mains à cause des menottes et à la cuisse à cause des coups de matraque mais je vais très bien », confie t-il à nos confrères de France Info. L’étudiant a été interpelé et arrêté place de Béthune à Lille. Il ne comprend pas les motifs de cette arrestation. « C’est confus, je n’ai pas voulu signer le procès verbal à ma sortie de garde à vue parce que je ne suis pas d’accord avec les faits qui me sont reprochés« , témoigne-t-il encore à France Info.

Son camarade Quentin Saison, interpellé lui devant le commissariat, a reçu un « rappel à la loi ». Le jour même, la Conférence des écoles de journalisme a appellé les étudiants en journalisme à se mobiliser lundi 16 décembre à midi en solidarité avec l’ESJ Lille. Le mot-dièse #informerestmondevoir a fait le tour de Twitter.

« Photographier la police sur la voie publique est un DROIT ! », s’est insurgé vendredi matin sur Twitter le Syndicat national des journalistes. De nombreux groupes ou groupes d’anciens d’écoles de journalisme françaises ont apporté leur soutien sur les réseaux sociaux aux étudiants lillois.

Atmosphère liberticide

Cet incident intervient dans un contexte de tension entre journalistes et représentants des forces de l’ordre. Le pouvoir législatif ne semble pas agir dans le sens d’un rappel des principes intangibles. Le 3 décembre, le sénateur Grand proposait un amendement à l’article 6BisC de la proposition de loi contre la « Lutte contre la haine sur internet : « amande de 15000 € pour diffusion de l’image de #policiers/militaires sans accord de l’intéressé. »

The following two tabs change content below.
Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).

Vous pouvez également lire