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Covid19 : femmes impliquées, femmes bafouées

Imaginaire guerrier masculin, corps des soignants feminisé à plus de 70% dans le monde, surcharge non rémunérée des femmes : il ne fait pas bon être femme en période d’épidémie.

Covid19 et confinement : un cauchemar pour les femmes

Au sein du foyer dans le cadre du « télétravail » et de la scolarité des enfants, les femmes assurent la majeur partie des tâches et responsabilités étonnant donné que la configuration de la majeur partie des couples dans le monde ne laisse pas de moyen à la femme d’obtenir un équilibre de la charge des responsabilités et tâches domestiques.

La menace du chômage accentue la pression sur les femmes mères : si le père, par égard, consacre davantage de temps aux tâches domestiques, il en consacre moins à son travail, risque d’être licencié et d’entraîner le foyer dans la misère puisque les revenus de la femme sont trop faibles pour assurer une vie descente à la famille.

Les mères sont contraintes d’exécuter correctement et gratuitement des tâches tous type (au service des enfants et du connjoint), sans limites horaires ni congés ni prise en compte de problèmes de santé physique ou d’épuisement mental.

En Allemagne, des mères ont présenté la facture du travail domestique accompli en réclusion durant le confinement. Évaluer le coût de ce travail gratuit (agent de ménage, préceptrice, cuisinière, coach, baby sitter, hôtesse, psychologue, repasseuse, …)c’est révéler son importance en temps (2/3 de celui des femmes) et en argent (33% du PIB).

Les femmes mères ont souvent des salaires inférieurs aux hommes pères de famille en raison des carrières hachées de mères. Par conséquent, les hommes peuvent à tout instant agiter devant l’épouse/la conjointe l’épouvantail financier en cas de non satisfaction. La femme mère, quand elle n’a pas un poste de cadre supérieur qui lui donne l’autonomie et le soutien social synonyme de statut respectable, est entièrement dépendante du bon vouloir de son conjoint à participer à la vie de la maison, mais rien n’oblige ni ne contraint ce dernier à se sentir impliqué. Quant aux allocations familiales et autres mesures sociales, elles sont reversés au ménage, et donc bloquées par l’élément du couple qui a l’ascendant financier.

A cet égard, le télétravail, présenté comme une avancée sociale, pourrait devenir un cauchemar à venir pour l’employabilité des femmes-mères dont le revenu correspond à un revenu d’appoint au sein du ménage. L’employeur hésitera à recruter un élément avec un malus : fatigue,dispersion et contraintes dues à 50h hebdomadaires en moyenne de charges domestiques qui n’intéressent pas l’entreprise.

Processus de décisions

Pourquoi les femmes ne sont-elles pas impliquées dans le processus de prise de décision face à l’épidémie ? En quoi le droit à l’avortement est-il pratiquement remis en cause par l’épidémie (notamment dans certains Etats des Etats-Unis) ? Pourquoi un imaginaire masculin de la guerre est convoqué alors que 78% du corps hospitalier est féminin ?

A travers les cas de l’Argentine, de l’Espagne et de la France, et de dix thèmes étudiés, Julia de Ipola montre que notamment que la prise de décisions dans le cadre de l’épidémie ne tient pas suffisamment compte des difficultés auxquelles les femmes se voient spécifiquement confrontées dans un contexte de confinement.

https://legrandcontinent.eu/fr/2020/04/16/coronavirus-genre/

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).
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