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Un masque n’est pas une burqa

Un masque n’est pas une burqa : ‬
‪Le port du masque sanitaire,moto…est fonction de circonstances extérieures contingentes. Il ne dissimule pas en permanence l’expressivité du visage humain. Preuve en est la personnalisation des masques COVID19 cousus.‬

Après le Washington Post et Slate, c’est autour de Libération de railler le port du masque comme « revanche » de la Burqa et du Niqab, interdits en France dans l’espace civil. Un contresens étonnant.

On peut se demander l’intérêt de comparer les femmes qui portent le niqab par tradition à une population qui porte un masque en temps de pandémie.

Laïcité : liberté de culte, liberté d’expressivité

La laïcité républicaine garantit la liberté de culte et autorise le port d’un signe religieux au sein de l’espace civil : hidjab, médaille de baptême, croix chrétienne, kippa…

A priori, aucun signe religieux n’implique la soumission de celui ou celle qui le porte : on ne dit pas qu’une femme qui porte sa médaille de baptême représentant la vierge Marie que ce n’est pas une femme libre, qu’elle est forcée par son époux ou par ses parents de se plier aux traditions. Idem pour les femmes musulmanes qui portent un voile.
A cet égard, le harcèlement dont font constamment l’objet des femmes qui portent un foulard de tradition islamique dans l’espace civil – et notamment quand elles font du sport (course à pieds, baignade…) ou dans la rue constitue un mépris du principe de laïcité.

D’ailleurs, voile, médaille ou kippa laissent se manifester le visage. Ces signes n’entravent pas les relations intersubjectives entre personnes libres puisqu’à visage dégagé, l’expression se donne à lire. Un sourire, un pli des lèvres pour marquer l’étonnement, et tout simplement, le mouvement des lèvres qui accompagne la parole.

La laïcité, c’est donc la liberté de culte et la liberté d’expressivité.

Avec la burqa et le niqab, c’est la question du masque définitif et permanent qui se pose. On ne colorie pas une burqa comme on « customise » son masque sanitaire pendant la crise du Covid19 pour le personnaliser justement, pour réinscrire des éléments d’une personnalité quand une partie du visage ne peut plus le faire.

A contrario, la burqa est le déni de visage, et donc du corps propre.

Fonction du masque

Alors certes, comme le rappellent Slate et Libération, la législation actuelle permet le port de masques de tous genres sur la voie publique : masques de moto, masques carnavalesques, masques sanitaires.

Et, dans la rue, nul n’est tenu de faire connaître son identité de manière constante. En revanche, il existe des réglementations dans certains cas : accès lieux publics stagnants (cafés, commerces, banques…). Donc, ces masques ne sont pas permanents : on les enlève pour vivre en société.
Le masque a une fonction, il n’est pas plaqué sur le visage comme une seconde nature. Voilà la différence entre masque sanitaire et burqa ou niqab.

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).

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