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Covid 19 : la débâcle en marche

O  P  I  N  I  O  N

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C’est l’interrogation ou brûlot qui donne des sueurs froides à la sphère médiatique, le web et les réseaux sociaux ces derniers jours : le gouvernement dispose-t-il vraiment et sérieusement d’un plan de bataille, d’une stratégie d’action adaptée, pour bomber un tant soit peu le torse face à la pandémie de Covid 19 ?

Les mesures tous azimuts prises par l’exécutif, dont certaines démentaient déjà les actions prises en amont, sont de plus en plus souvent aussi à l’opposé des recommandations d’experts médicaux, ce qui aurait tendance à accréditer la thèse du bordel généralisé. Mais cela suffit-il ?

A défaut, se basant notamment sur plus d’une année de cohabitation avec ce mal qui mute à tous les étages, que fait concrètement l’exécutif pour venir à bout et juguler la pandémie et ses effets, en particulier du nombre de patients admis en soins intensif et en réanimation qui ne cesse de grimper en flèche, du nombre de morts enfin qui viendra bientôt flirter avec les 100.000 personnes en France ?

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Répondre rien révèlerait une duplicité grégaire, dire pas suffisamment reviendrait à dire que les mécanismes de défense seraient justement connus de tous et maitrisés dans l’ensemble quand certains les imaginent inexistants ou faibles ; quant à affirmer que oui, cela paraitrait comme bien grotesque et grossier, ils sont du reste de moins en moins nombreux à le faire, en public, sur la toile et même dans la sphère privée…

Ce qui est certain, c’est qu’à défaut de recettes miracles toutes droit sorties du haut-de-forme  jupitérien, la communication politique élyséenne, elle, suit depuis des mois une courbe, disons le, drôle à certains égards, curieuse en tous cas dans la forme. On pense en particulier aux inflexions hypothétiques qui succèdent à la publication des courbes du jour, ne suivant souvent aucune logique, avec un gouvernail qui par moments bascule à 360 degrés et parfois même fait du sur-place…

C’est ce merdier stakhanoviste d’ailleurs qui fait dire à l’opposition et à certains félons déserteurs (plus vraiment) en Marche que Macron navigue à vue depuis le début, qu’il piétine de toutes ses forces Castex et Attal obligés, eux, de jouer les prolongations, pendant que ces deux-là, mus par une passion sans faille pour leur seigneur, couvrent le Saint Patron de louanges jusqu’à ce point de non-retour où c’est le chef en personne qui vient mouiller la chemise. Ce même chef expliquant solennellement aux Français que certaines mesures très éprouvantes vont devoir être prises, qu’elles seront difficiles, mais qu’il se montre fier de nous tous, de notre élan, de notre foi invétérée en lui. Et qu’une fenêtre ouverte trente minutes toutes les deux heures, c’est un conseil de sage, et surtout un bon début. Ayez foi en lui, n’ayez foi qu’en lui, fermez les yeux, et ne les rouvrez que pour parer à l’essentiel.

Voilà des maîtres d’école d’un autre âge au pilori, avec pour mission principale de nous faire avaler la pilule dans la joie, pendant qu’eux traînent la barque nationale sans jamais ouvrir l’œil, ne s’appuyant que sur leur seul tendon d’Achille, quitte à cabotiner en marche jusqu’à en dégueuler de désespoir à la fin…

Tout cela sonne bien creux et surtout faux, et si il ne nous appartient pas à nous autres journalistes de semer le trouble et jeter aveuglément et inlassablement le discrédit sur ceux qui nous gouvernent, il est en revanche de notre devoir de le dire : trop, c’est trop….

Réunissez-vous à huis clos si cela peut vous aider à y voir plus clair, mais qu’au moins quelque chose en ressorte de bon, d’encourageant, en dehors de ces soupes numéraires servies dans leur galimatias.

Si les analystes conviennent qu’en l’absence de thérapie adaptée, la situation pourrait commencer à pourrir et sentir mauvais, il serait temps que la consultation populaire endosse son rôle, de sorte qu’il nous appartiendrait à nous autres Français soucieux de leur santé et de leur avenir, de déterminer laquelle des options sur le long terme qui nous sont proposées nous apparait comme viable, et être mis au parfum un minimum du mal qui nous guette.

Là-dessus, on peut toujours rêver…

Farouk Atig

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