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Emmanuel Macron dans l’impasse sanitaire

Lors de son allocution télévisée le 12 juillet, le président de la République, Emmanuel Macron, a multiplié les incitations à se faire administrer le vaccin anti-Covid, sans néanmoins oser rendre celui-ci obligatoire pour tous les Français. Cela aurait été portant la preuve d’une franche politique sanitaire publique.

Pousser sans obliger

Le président de la République, qui n’a pas attendu le 14 juillet, jour de fête nationale, pour s’adresser aux Français, allait-il annoncer l’obligation vaccinale pour tous alors que le variant delta du Covid se propage sur tout le territoire européen ?

Le « nudge », cette technique rhétorique empruntée au monde du marketing, Emanuel Macron de l’est appropriée pour s’adresser à ses concitoyens le 12 juillet 2021 au sujet des mesures à prendre pour limiter la propagation des variants du Covid 19.

L’exercice était difficile. Le président de la République parle à un peuple qui vient de subir presque deux ans de pandémie. Les Français ont vécu l’isolement contraint et les restrictions sanitaires. Certains ont perdu leur emploi, en dépit des mesures de sauvegarde économique adoptées par le gouvernement depuis mars 2020.

L’issue passe par la vaccination massive de la population. Et pourtant, près de 40% de Français sont réticents à se faire administrer les doses. La seule solution contre ceux qui retardent la sortie de crise et qui de ce fait portent atteinte à tous les citoyens, par sectarisme individualiste, est la contrainte.

Le président de la République a préféré obliger sans le dire. Tel était l’élément de langage adopté par l’Élysée et qui a circulé dans les couloirs de tous les ministères avant l’intervention présidentielle.

« Pousser au maximum » (Gabriel Attal), contrôler,dissuader de retarder la vaccination:pourquoi ne pas avoir assumé franchement,en confiance,une politique publique sanitaire qui passe par l’obligation de se faire vacciner?

Contrat social ou gestion policière?

Les citoyens savent que contrat social implique des obligations. Ramener les Français à ce contrat qui fonde la vie politique et la concrétise au quotidien aurait signifié une marque de confiance de la part du président de la République. Sur le plan de la communication politique, on peut penser que Macron a manqué l’occasion de créer un lien de confiance avec ses concitoyens.

De plus, le paradoxe que comporte ce choix d’un entre-deux injonctif est que le passe sanitaire adopté est plus contraignant encore que l’obligation vaccinale étant donné qu’il est une mesure de police, alors que l’obligation vaccinale est le fait d’une politique de santé publique.

Or, Emmanuel Macron aurait gagné à marquer le début- bien que tardivement – d’une franche politique publique sanitaire.

Le fait que le soir même de son allocution, le sites web Doctolib soit saturé de demandes de rendez-vous médicaux expose les insuffisances dans la gestion de cette crise Covid19 par les pouvoirs publics. Un service privé prend le monopole des données médicales des Français.

La semaine prochaine, après examen par les deux Chambres, 45.000 euros d’amende pourraient être infligés à ceux qui ne contrôlent pas le pass sanitaire des usagers de leur établissements. Les policiers, – qui ne sont pas tenus de se faire vacciner- seront en première ligne dans la gestion, policière, de cette crise sanitaire.

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Clara Schmelck
Clara-Doïna Schmelck, journaliste, philosophe des médias. Rédactrice en chef adjointe d'Intégrales - est passée par la rédaction de Socialter ; chroniqueuse radio, auteur, intervenante en école de journalisme et de communication (Celsa ...).

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